Les répercussions des troubles politiques au Maghreb

L’Afrique du Nord a réussi à s’imposer comme une des destinations touristiques incontournables pour les vacanciers européens. Mais la succession d’attaques terroristes, d’attentats et le printemps arabe qui subsiste dans les esprits, les touristes tendent à organiser leur séjour ailleurs. Les professionnels peinent à remonter la pente et essayent, tant bien que mal, de subsister, dans un pays où le tourisme représente un secteur clé du PIB.

2016-01-04T00:00:00+01:00

Les attentats survenus en mars et en juin dernier en Tunisie ont fini d’instaurer un climat de méfiance de la part des touristes à l’encontre des pays du Maghreb. Avec le printemps arabe, survenu il y a déjà quelques années, la peur de l’Etat islamique et les attentats de Charlie Hebdo en janvier l’année dernière, les touristes boudent de plus en plus les pays d’Afrique du Nord pour leurs vacances.

Un secteur clé dans les pays Nord-Africains.


Le Maroc, victime collatérale des attentats ainsi que troubles politiques en Tunisie et en Egypte, souffre également de cette baisse de demande européenne et voit aussi son secteur touristique chuter, à l’instar de la Tunisie. Le tourisme demeure pourtant un domaine clé et représente une part capitale du PIB dans les deux pays.

Ce marasme se traduit logiquement par une baisse du nombre des réservations, mais pas seulement. Car, si les pays ont tenté de compenser la demande européenne avec une demande plus locale, notamment algérienne, il n’en reste pas moins que les dépenses complémentaires des touristes européens, en termes de loisirs et d’achat de souvenirs, restent bien supérieures, ce qui creuse d’autant plus le manque à gagner pour tous les professionnels du secteur. A titre d’exemple, le Ministère Tunisien du Tourisme a évalué à 450 millions d’euros l’impact économique engendré par les attentats.

Si les tours opérateurs ont indubitablement pâti de cette situation et ont subi une baisse de leur chiffre d’affaires, la chute du nombre de touristes a été particulièrement difficile pour les maisons d’hôtes situées au Maghreb, qui avaient pourtant connu une forte croissance pendant la dernière décennie.






L’Europe en profite et tire son épingle du jeu.


Malgré la crise économique qui subsiste dans certains pays et les troubles politiques et attaques terroristes au Maghreb, les européens n’ont pas renoncé à leurs vacances.

Les flux touristiques se sont modifiés et même si le pourtour méditerranéen attire toujours les vacanciers européens, ces derniers ont privilégié les destinations basées en Europe, notamment l’Espagne avec les Îles Canaries ou les Baléares, la Crète, la Grèce, le Portugal et l’Italie, qui ont vu, pour la plupart une augmentation du trafic pour la saison estivale.

La France a également profité d’un regain de touristes, notamment sur le littoral méditerranéen et atlantique, également encouragé par les fortes chaleurs des mois de juin et de juillet l’été dernier. Les chiffres d’affaires des hébergements touristiques de ces deux régions ont d’ailleurs augmenté de respectivement 5% et 3%, et ont participé à faire de 2015 une année record pour le secteur. Le tourisme intérieur, à savoir, les Français qui ont opté pour l’Hexagone, a joué un rôle capital dans les bons résultats de la France cette année.

L’arrière-saison est l’occasion de faire le bilan touristique de la saison estivale passée. Il reste lourd pour les pays du Maghreb qui continuent de payer lourdement les nombreuses difficultés auxquelles ils ont dû faire face. Les destinations phares, telles que Marrakech ou Djerba, ont subi une chute vertigineuse de leur fréquentation. Le secteur touristique en Europe a ainsi tiré profit de cette malheureuse situation et vu son chiffre d’affaires progresser grâce à cette récupération des touristes.